Où était le FFM?
Est-ce moi, ou le Festival des Films de Montréal est passé inaperçu cette année, encore plus que les années passées? Qui aurait cru? Suis-je le seul à avoir vu l’affiche en croyant à une mauvaise pub de Cat Chow? Avouons que pour un Festival avec une solidité aussi frêle qu’un adolescent prépubère, bien des décisions relatives à l’édition de cette année sont hautement bizarres. On se questionne peut-être moins que la nomination de Sarah Palin à l’heure actuelle, mais je trouve très dommage que cet événement auquel nous avons tous le goût de participer en tant que montréalais soit encore une fois passé sous silence.
J’ai de la difficulté à comprendre comment FantAsia peut réussir avec (je présume) un fragment du budget du FFM à faire parler de lui de par le monde alors que LE festival de films de Montréal puisse à peine mériter une mention dans le journal gratuit distribué dans mon métro tellement son ampleur est marginale. (Spécial, quand on pense qu’on le compare à un clan de gothiques en manque de ketchup sur des écrans géants.) Ne serait-il pas plus réaliste de concentrer nos efforts sur l’amélioration du premier plutôt que de nous acharner sur la survie du second? Si au moins on sentait une volonté de le faire progresser: en regardant la programmation rapidement le mois dernier, je me suis surpris à n’avoir aucune envie de m’y présenter. Aucune. N’est-ce pas un peu pathétique, venant de quelqu’un qui adore le cinéma? J’ai d’ailleurs davantage en tête le visage du passionné propriétaire du nouveau Cinéma du Parc que celui des habitués du FFM (qui doivent former un noyau de gens pouvant occuper, au plus, la moitié de mon 800pi2) lorsque vient le temps de penser au Cinéma du monde accessible et démocratisé. Peut-être suis-je dans le champ, mais le mandat du FFM n’est-il pas de donner le goût aux montréalais de s’ouvrir sur des réalisations de pays moins connus et créer ainsi des expériences enrichissantes et inoubliables? Qui a le goût de voir des films hongrois sans sous-titres??? À part un chat endormi avec un chapeau melon sur sa tête, je vois pas.
Toute cette montée de lait pendant qu’à Toronto s’ouvre un Festival de Films beaucoup moins obscur et complexe, sous la lumière de projecteurs plus grands que nature et des tapis rouges sentant encore l’humidité de l’édition de 2007. Bien que nous n’avons pas à croire en sa suprématie, il est important de noter que la croissance de la version de la ville reine et son exploitation ont transformé un événement plutôt banal en 1976 en véritable monstre économique plus récemment. Pas que je me meurs d’envie à l’idée de voir le dernier Jennifer Aniston, mais je ne peux m’empêcher d’éprouver une crainte à l’idée de savoir ce qu’aura l’air le volet torontois de Just for Laughs dans cinq ans en considérant ce qu’une ville qui dort à l’idée d’un Festival a réussi à faire avec son FFM et, plus récemment, son Luminato.
Peut-être est-il temps (encore une fois cette année) de réfléchir à notre place, notre volonté de continuer à projeter des images à l’Impérial d’une provenance lointaine mais qui ne nous parlent pas versus l’idée de recentrer nos ressources sur d’autres événements qui bénéficieraient de davantage de poids de notre part. Après tout, n’avons-nous pas assez de bonnes raisons dans nos rues le reste de l’été pour nous coucher tard?
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