Sont-il vraiment allés trop loin ? 0
Dany Lavoie, stratège média, Touché ! PHD
Nous apprenions cette semaine via InfoPresse que l’agence Bos ainsi que la SRC avaient planifié ensemble une idée fort originale de placement de produit dans l’émission Paquet Voleur, quizz populaire animé par Véronique Cloutier. L’idée est en somme bien simple : s’affronteront sur le plateau 8 participants au nom de Jean Coutu. De vrais M. Jean Coutu dans la vie de tous les jours, comme la campagne télé nous l’a si bien raconté depuis 2 ans. Sinon, aucune mention de la pharmacie en ondes, ni même de message durant les pauses.
Connaissant le réel défi qu’impose une straégie média de placements de produits, il faut saluer l’exploit. En effet, un placement de produits trop subtil risque de passer inaperçu auprès des téléspectateurs (je ne suis pas de l’école qui croit aux pouvoirs subliminaux…), alors qu’à l’inverse une intégration trop évidente a de fortes chances de créer tout sauf du capital de sympathie envers l’annonceur (“Ah ça, c’est le Banquier qui appelle pour vous soumettre son offre…”). De là l’importance de jauger l’intégration et d’atteindre un équilibre qui s’avérera bénéfique pour le producteur et le l’annonceur.
Une chasse aux sorcières inutile
Dans son édition du 20 février, le lendemain de la nouvelle, le Journal de Montréal questionnait la légitimité de cette stratégie pour un organisme public comme la SRC. La journaliste Pascale Lévesque y allait ainsi : “On peut aussi et, surtout, se demander pourquoi Radio-Canada a besoin d’argent au point d’utiliser des méthodes comme celle-ci pour financer ses émissions alors qu’elle profite déjà d’un financement public.”
Enfin, je crois que de détourner la question du placement de produits envers le fait que la SRC bénéficie de subventions de l’État est erratique. La SRC, comme TVA ou toute autre chaîne, est confrontée au dilemme de la perte d’efficacité du message 30 secondes et tente à juste titre de trouver des alternatives viables. Dans la mesure où ces nouveaux moyens sont respectueux envers le téléspectateur, le stratège média que je suis ne peut que saluer l’audace des intervenants dans ce dossier. De là mon interrogation sur cette chasse aux sorcières que tentait de faire lever inutilement la journaliste…










































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