Archive March 2007

L’argent du Banquier avant celui des contribuables 0

Mar14

 

Jean-François Bourdeau
Analyste/recherche média, Touché!phd

C’est maintenant officiel, les Québécois préfèrent savoir combien de $$ gagneront les  participants du Banquier que de connaître les projets d’avenir développés par les premiers ministres potentiels pour leur pays. Toutes chaînes confondues, ce sont 1.7 millions de téléspectateurs en moyenne qui ont suivi le débat des chefs. On peut se consoler en se disant qu’ils ont mieux fait que La Poule

C’est sur TVA que les Québécois ont préféré regarder Jean Charest esquiver de façon grotesque les questions de ses adversaires. La station occupe la première marche du podium avec 784 000 téléspectateurs. La SRC empoche la médaille d’argent avec 626 000 personnes à l’écoute. Télé-Québec arrive loin derrière avec 61 000 téléspectateurs (tout de même une performance honorable pour la station qui a décidé de ne diffuser que la première heure pour nous présenter 24h chrono à 21h).

Pendant ce temps, les Canadiens attiraient 621 000 Québécois sur RDS. Léger recul pour la station si l’on regarde les derniers matchs des Glorieux. La fin de match excitante permet néanmoins à RDS de gagner des voix, ce qui a fait baisser l’écoute du débat lors des derniers instants. L’auditoire quittait donc au moment même où Jean Charest réalisait que le débat était commencé depuis plus de 90 minutes… On remarque aussi que les chefs ont bénéficié de l’attention de près de 150 000 téléspectateurs supplémentaires entre les périodes.

Vous ne trouverez ici aucun détail sur le contenu du débat. Ceux-ci sont disponibles dans vos quotidiens et bulletins de nouvelles favoris (lire aussi Débat des chefs: voir au-delà des sondages).

Débat des chefs: voir au-delà des sondages 0

Mar14

 

Jean-François Bourdeau
Analyste/recherche média, Touché!phd

 

À l’image des intentions de vote des électeurs, les points de vue sur le débat d’hier divergent grandement. De plus, les Québécois demeurent très partagés quant au vainqueur du débat. C’est que les observations des experts et des téléspectateurs sont souvent teintées par leur allégeance politique… et les miennes aussi. Même le traitement de l’information dans les médias sent la partisannerie. Les journalistes ne rapportent plus les faits. Ils se font maintenant hybrides journalistes-chroniqueurs, ce qui leur permet de camoufler quelques opinions dans leurs billets. 

Immédiatement après le débat des chefs, deux firmes de sondages (chacune affiliée à des quotidiens différents) ont mené un sondage éclair auprès des Québécois afin de savoir qui des trois chefs avait mené le meilleur débat.

Sondage CROP-LaPresse : Dumont gagnant à 41%, Charest 30%, Boisclair 21%

Sondage Léger Marketing-JdeM : Match nul : Charest 32%, Boisclair 31%, Dumont 28%

LeDevoir titre : « Boisclair tire son épingle du jeu; la crédibilité de Dumont est mise à rude épreuve ».

Comment peut-on en arriver à des résultats si opposés? François Descarie, mon ancien employeur et président de la firme de sondage Ipsos-Descarie, avait pour habitude de dire que « poser la question, c’est influencer la réponse ». Dans le cas qui nous intéresse, on remarque que les méthodologies (décrites en petits caractères, souvent dans le bas des pages) et les questions posées par les deux firmes diffèrent. On ne peut donc directement comparer les résultats.

CROP-LaPresse : 328 entrevues téléphoniques réalisées entre 21h30 et 23h. Marge d’erreur de 6 points. La question : « Selon vous, lequel des trois chefs a été le plus convaincant? »

Sondage Léger Marketing-JdeM : 1 304 entrevues via Internet, marge d’erreur de 2,7 points. La question : « Qui, selon vous, a gagné le débat des chefs ? »

Deux questions différentes qui mènent à deux interprétations différentes. Mon conseil de la semaine : ne vous arrêtez pas aux premiers chiffres présentés. Allez voir ce qui s’y cache derrière et qui s’y cache !

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